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Concedo nulli

Daniel Adam-Salamon

Penser libre, vivre debout

   À rebours des dogmes, des tutelles et des obéissances, la libre pensée n’a qu’une exigence : faire de la liberté autre chose qu’un mot.

   Ce site n'est pas une vitrine : c'est une maison de pensée. On y parle en première personne, sans comité, sans chapelle, sans maître. Concedo nulli : je ne concède à personne le soin de penser à ma place.

   La conviction qui le tient tient en peu de phrases. Penser librement commence par une rupture avec le prêt-à-penser et les simplifications qui mutilent le réel. Il n'y a qu'une vérité, celle du réel — et nul ne peut s'en dire propriétaire. La liberté n'est pas hors de la nécessité : elle est la nécessité comprise et retournée en puissance d'agir. Un être humain en vaut un autre, et l'anarchie n'est pas le désordre mais l'ordre sans domination, la composition libre des forces.

Cette conviction ne se décrète pas : elle se parcourt. Elle se déploie ici en trois étapes, qui sont aussi trois pages.

Pensée libre tient la règle : rompre avec le prêt-à-penser, voir, comprendre, résister, critiquer, hériter, refuser, pratiquer. Fonder sa vie sur la raison et l'expérience, non sur l'autorité ni la croyance reçue.
 
Raison tient l'instrument : une raison vivante, qui ne s'affaiblit pas dans la contradiction et ne se donne jamais de points fixes et éternels ; universelle en droit, toujours située en fait. 

Pensée du complexe tient la pratique : penser les tensions sans les mutiler, distinguer sans disjoindre, s'y tenir sans tricher.

Rompre, d'abord. Puis s'armer. Puis tenir.

Danhel Adam-Salamon 


Est la race ?

Léandre Adam-Cuvillier

La race est un rang taxinomique inférieur à l'espèce.

L'espèce humaine ne comporte qu'une seule race avec une conformité génétique au delà de 99,7%. Avec les conquêtes, les femmes ont toujours été des butins de guerres, c'est pour cela que nous avons tous un résiduel cromagnonesque dans notre séquençage ADN. Avec la mondialisation, les métissages, les voyages, la race humaine conforte son unicité.

Les distinctions entre tous les humains, sont de nature esthétique, superficielle, culturelle et géographique. Il reste cependant une différence notable attribuable aux 8 groupes sanguins: O, A, B, AB (positif et négatif). Ainsi donc, un homme et une femme de couleur différente mais de même groupe sanguin sont plus proches (compatibles) que deux hommes de même couleur mais de groupe sanguin différent.

Donc, il n'y a qu'une race humaine ! Les racistes le sont donc contre toute l'humanité.

 Quelle direction prendre ?

Daniel Adam-Salamon
     Puisqu'il n'existe qu'une réalité, il n'existe aussi qu'une vérité, celle de la réalité.
La difficulté naît du fait qu'il existe plusieurs perceptions de la réalité, mais cette variété des perceptions ne change en rien le fait qu'il n'existe qu'une réalité, et donc qu'une seule vérité.

Une pensée libre 
ne produit que de la liberté

" La libération de la superstition s'appelle les Lumières." (1)

" Un public ne peut accéder que lentement aux Lumières. Par une révolution on peut bien obtenir la chute d'un despotisme personnel ou la fin d'une opppression reposant sur la soif d'argent ou de domination, mais jamais une vraie réforme du mode de penser ; mais, au contraire, de nouveaux préjugés serviront, au même titre que les anciens, en tenir en lisière ce grand nombre dépourvu de pensée." (2)
« L’Aufklärung (Les Lumières), c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable. L’état de tutelle est l’incapacité de se servir de son entendement sans la conduite d’un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s’en servir sans la conduite d’un autre. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise de l’Aufklärung.. » (2)

Emmanuel KANT
      1 - Critique de la faculté de juger, 1790
      2 - Qu'est-ce que les Lumières ?, 1784

Le Philosophe 
et le Chat-huant

Persécuté, proscrit, chassé de son asile,
Pour avoir appelé les choses par leur nom,
Un pauvre philosophe errait de ville en ville,
Emportant avec lui tous ses biens, sa raison.
Un jour qu’il méditait sur le fruit de ses veilles,
(C’était dans un grand bois,) il voit un chat-huant
Entouré de geais, de corneilles,
Qui le harcelaient en criant:
" C’est un coquin! c’est un impie,
Un ennemi de la patrie!
Il faut le plumer vif : oui, oui, plumons, plumons !
Ensuite nous le jugerons."
Et tous fondaient sur lui: la malheureuse bête,
Tournant et retournant sa bonne et grosse tête,
Leur disait, mais en vain, d’excellentes raisons.
Touché de son malheur, car la philosophie
Nous rend plus doux et plus humains,
Notre sage fait fuir la cohorte ennemie,
Puis dit au chat-huant: " Pourquoi ces assassins
En voulaient-ils à votre vie ?
Que leur avez-vous fait ? " L’oiseau lui répondit :
3 Rien du tout. Mon seul crime est d’y voir clair la nuit. "

Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794) Fables (1792)
Petit-neveu de Voltaire