En résumé

CV anachronique


   Ce CV anachronique n'est pas un curriculum vitae classique, mais bien un récit autobiographique qui mêle le parcours chronologique à des réflexions philosophiques, des citations et des prises de position, illustrant une pensée qui s'est construite au fil des expériences et des ruptures.  Le document confirme et détaille comment il en est venu à incarner les trois facettes qu'il mentionne : économiste, philosophe et juriste. 

Le parcours d'Économiste 

Le cheminement vers l'économie est progressif et critique : 

1. Formation initiale

Après avoir été sidérurgiste, puis infirmier, il entreprend des études en économie et en gestion (CNED, Institut International de Formation des Cadres, Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris ) qu'il transforme en unités de valeur pour entre en fac. 

  • Spécialisation : 

- En 1974, orienté par l'entourage de Jacques Delors et de Michel Rocard, il intègre une formation en gestion approfondie et en direction des entreprises à l'université Paris-Dauphine, où il est initié à la stratégie d'entreprise et à la psychosociologie des organisations. 

Pratique et critique : À partir de 1984, il devient consultant en gestion hospitalière et économiste de la santé. Cette pratique, couplée à une réflexion sur les crises, le mène à remettre en question la pertinence de l'analyse économique traditionnelle.

  •  Engagement radical : 

En 2000, il rejoint l'Union des Economistes Radicaux (URPE) aux États-Unis, ce qui lui vaut d'être qualifié de philosophe « éconoclaste ». Il est également signataire du Manifeste des Economistes Atterrés

2. Le parcours de Juriste 

Son intérêt pour le droit naît d'une conscience sociale et politique aiguë

Origines : Son engagement pour les droits de l'Homme prend racine dès son expérience d'ouvrier sidérurgiste et se renforce à l'armée.

Spécialisation en droit du Travail : Après avoir quitté l'action syndicale, il s'engage à titre personnel comme jurisconsulte en droit du Travail. Il perçoit ce droit comme une "construction" visant à "extorquer de la valeur" aux travailleurs.

3. Philosophie du droit :

 Son adhésion à l'Association Canadienne de philosophie est motivée par son intérêt pour la philosophie du droit enseignée au Québec, qu'il voit comme un outil pour construire une société plus juste. 

Pratique militante : Depuis 2001, il intervient comme "dernier recours bénévole" pour les « handicapés de la citoyenneté sociale », les représentant devant la Cour européenne des droits de l’homme. Il se définit comme un "activiste des droits de l'homme". 

4. Le parcours de Philosophe  

La philosophie n'est pas une discipline académique initiale, mais

une nécessité existentielle : 

Le déclencheur : En 1990, une grave maladie l'incite "impérieusement" à étudier la philosophie morale et politique. Il cherche alors "une éthique unifiant l'action et la connaissance".

Une pensée en action : Sa philosophie pratique est fondée sur des notions comme l'entraide, l'autonomie, l'autogestion et le consensus. Adhésion à des sociétés savantes : Il rejoint la Société Philosophique du Québec (2010) et la Société Française de Philosophie (2012). Positionnement critique : Il est qualifié de "philosophe de tradition orale". Il professe que les systèmes philosophiques basés sur la métaphysique sont des "substituts à la théologie" et que la véritable philosophie ne doit pas être hermétique. 

Concernant la "Fracture Épistémologique"  

Le terme exact de "fracture épistémologique" n'apparaît pas textuellement dans l'extrait fourni. Cependant, l'ensemble de son parcours et de sa pensée, tel que décrit dans le document, illustre parfaitement ce concept. 

Son cheminement intellectuel est une série de ruptures avec les savoirs établis et les dogmes :  

  • Rupture avec la formation classique : Il se défie des "certificats, diplômes et titres".
  • Rupture avec l'économie orthodoxe : Il remet "en question la pertinence de l’analyse économique lors des crises" et rejoint les économistes radicaux.
  • Rupture avec la philosophie métaphysique : Il critique les systèmes philosophiques traditionnels et cherche une philosophie pratique et incarnée.
  • Rupture avec une vision technicienne du droit : Influencé par Antoine Garapon, il voit la Justice comme une "vertu d'humanité" et non comme la "simple application technicienne des lois". 

   En résumé, le document brosse le portrait d'un intellectuel engagé dont le parcours atypique (sidérurgiste, infirmier, puis économiste, juriste et philosophe) a nourri une pensée critique à l'intersection de plusieurs disciplines, marquée par une remise en cause constante des cadres de pensée dominants.